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Dossier de presse

Stratégie en matière de politique agricole

Les banques qui se sont installées dans notre pays, à l’instar de toutes les banques et institutions financières mondiales, se trouvent confrontées ces derniers temps à une crise financière et économique majeure sans précédent. Et toutes les indications portent à croire que cette crise s’installera de manière durable. 

Confrontée à une faiblesse de la croissance industrielle, la finance de Wall Street a d’une part, créé des produits financiers virtuels (les produits dérivés…), afin d’accroître ses dividendes, et d’autre part, a porté son dévolu sur les matières premières notamment les produits agricoles. En effet, les montants des investissements spéculatifs sur les marchés à terme de céréales sont passés de 5 milliards en 2000 à 175 milliards en 2007. 

L’effondrement des produits spéculatifs puis leur disparition progressive dans les mois à venir, va pousser la finance mondiale affamée vers la quête de nouvelles proies. 

La production industrielle, véritable locomotive de l’économie d’un pays, est durement éprouvée. La baisse des commandes, son mode de fonctionnement actuel, énergétivore et polluant, ne présente plus un intérêt immédiat pour les investisseurs. Par contre, un nouveau pole d’attraction est entrain de se profiler et aiguiser l’appétit de cette finance prédatrice : le contrôle des terres. 

Le contexte y’est propice, car de plus en plus de pays ont recours à des importations de produits agricoles. C’est le cas de la Chine, l’Inde, le Japon, la Malaisie, la Corée, l'Égypte, la Libye, le Bahreïn, la Jordanie, le Koweït, le Qatar, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis… Or les terres arables et l’eau douce non polluée deviennent de plus en plus rares et de plus en plus chères.

La finance mondiale anticipant cette pénurie, est d’ores et déjà entrain de faire main basse sur des terres agricoles en Afrique, en Asie, en Amérique latine, dans les pays de l’ex-Union Soviétique pour produire des denrées alimentaires off shore pour ces pays.

Le contrôle de l’eau et de la terre va devenir un enjeu stratégique majeur dans le futur. Leurs prédations à l’échelle planétaire ont déjà commencé. Dans de nombreux pays en effet, des investisseurs privés acquièrent d’immenses surfaces agricoles fertiles proches des ressources en eau.

En Afrique, « les accapareurs de terre » qui sont les grands groupes agro-industriels et financiers sont entrain de déployer tous leur arsenal : la banque mondiale, le FMI, l’ONU, la FAO, les fonds de développement, la corruption, le lobbying…, afin d’acculer les gouvernements soit à conclure des baux sur de millions d’hectares de terres agricoles ou ouvrir les possibilités à l’accession foncière pour les étrangers. Cette spoliation des terres sonnera le glas des petites exploitations agricoles et les moyens de subsistances ruraux de beaucoup de populations africaines.

En Amérique latine (Brésil) et en Asie (Indonésie, Malaisie…), la société financière internationale, organisme appartenant à la banque mondiale, censée promouvoir la qualité de vie des habitants dans le monde, est paradoxalement entrain de financer les expropriations de paysans autochtones au profit de grands groupes agro-industriels pratiquant la monoculture au détriment des cultures vivrières. Elle encourage par ailleurs, implicitement la déforestation dans ces pays. 

Le dérèglement climatique, la baisse des emblavements dans les pays de l’hémisphère nord par suite de la contraction du crédit, les coûts réduits de production agricole dans les pays pauvres vont permettre à cette finance de « prospérer » sereinement. 

La hausse qui a affecté les cours des matières agricoles jusqu’au 2° trimestre 2008, n’a été que la conséquence d’un jeu spéculatif dangereux auquel s’est adonnée la finance et qui a plongé le monde dans une situation de pénurie artificielle induite par la spéculation plutôt que par la loi de l’offre et de la demande. La baisse qui s’en ai suivit, n’est que conjoncturelle. Elle est due au fait que les fonds spéculatifs, se sont débarrassé en catastrophe de leurs contrats à terme, afin de récupérer des liquidités pour leur permettre de faire face aux pertes colossales qu’ils ont subit suite aux achats d’actions liées aux crédits hypothécaires (subprimes). 

Par ailleurs, la raréfaction du pétrole va pousser beaucoup de pays grands producteurs de céréales et oléagineux, à consacrer une partie de leurs surfaces arables pour la production d’agro-carburants au détriment des productions agricoles à destination des populations et des animaux de rente de pays qui en sont grands importateurs, tels que l’Algérie. La baisse brutale des cours du pétrole ces derniers mois, et qui est liée à la contraction de la demande, va nous accorder qu’un moment de répit. Dès que les cours vont repartir à la hausse, la production d’agro-carburants va être réactivée, ce qui va à nouveau créer une tension sur le marché des céréales.

L’intérêt croissant des multinationales pour ces énergies « renouvelables » va accentuer la ruée sur les dernières terres agricoles fertiles qui resteront disponibles.

Par ailleurs, le rythme de l'accroissement démographique en Asie et en Afrique, et le développement du mode de consommation des pays émergents (Inde, Chine, Brésil…) ne doivent pas nous faire oublier que les marchés mondiaux de céréales vont rester très tendus les prochaines années, et l’Algérie sera à coup sur affectée de plein fouet par leur rareté.

2009 s’annonce comme une année charnière dans l’évolution économique de notre pays. En effet, l’argent généré par les exportations est entrain de couvrir à peine les importations. Cela signifie clairement que non seulement notre pays ne dégagera pas d’excédent en devises, mais qu’il va commencer à puiser dans ses réserves de change. Les importations continueront d’augmenter de manière régulière en quantité et en valeur, et notre pays ne pourra plus s’en passer sans risquer un dérapage social grave. En contrepartie, les recettes générées par les exportations vont se contracter en raison de la persistance d’un prix de baril de pétrole relativement bas. A ce rythme, le solde de la balance des paiements va donc se retrouver dans le rouge avant la fin de cette année.

Les besoins de l’Algérie en céréales sont énormes. Ils sont estimés à 8 millions de tonnes. 75% de notre consommation est importée. Or, dans moins d’une décennie, les céréales vont disparaitre totalement du marché international pour les raisons que j’ai invoqué. Nous n’auront pas d’autre alternative pour subvenir aux besoins de la population que de développer la céréaliculture en irriguée, si nous voulons conserver la paix et la cohésion sociale, notre indépendance et l’intégrité territoriale de ce pays. 

Ce secteur d’activité va prendre un essor considérable, et devenir le premier générateur de profits au monde. 

Pour promouvoir efficacement ce secteur, l’état doit attribuer des surfaces conséquentes à de vrais entrepreneurs et à de grandes sociétés agro-industrielles nationales. Les moyens matériels et technologiques mis en œuvre pour l’exploitation de ces surfaces par ces entités, permettront de les valoriser au mieux, et augmenter au maximum leurs rendements. 

Les crédits alloués pour ces projets doivent être gérés directement par les banques. En contrepartie, celles-ci doivent s’ouvrir à un fonds souverain que doit créer l’Algérie en toute urgence avant que nos excédants ne fondent sous l’action conjuguée de la dépréciation du dollar qui va avoir lieu et les dépenses importantes liées à l’achat de plus en plus cher des produits de première nécessité (céréales, lait..). Les participations de l’état dans ses banques, serviront à financer des usines de dessalement d’eau de mer, l’achat de matériels, intrants, et engins agricoles.

Pour booster la production des céréales, l’Etat doit les payer au même cours que ceux pratiqués sur les marchés internationaux. En cas de décalage, des subventions doivent être accordées en aval, mais jamais en amont. C’est ce qui a été préconisé ces derniers temps.

L’Etat doit autoriser les banques où il est actionnaire, à ouvrir des comptes en dinars convertibles aux exploitants qui auront approvisionné l’OAIC en céréales, et parallèlement encourager fortement les opérateurs économiques par des subventions, toujours en aval, à développer sur place des semences.

En Conclusion, produire des céréales, doit être le leitmotiv principal de l’Algérie, et ceci quel que soit le prix à payer au début.



Auteur : Dr Nasser-Eddine ASSAL

 

     
     
     
     
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